Départementales 2015 : pourquoi nous souhaitons que Jean-Paul Pourquier perde la présidence du Conseil Général de Lozère

Carte postale massacre durable

« Non au massacre durable en Lozère » – Cliquez sur l’image pour lire la citation – Crédit image © Les Robins des Bois de la Margeride

Alors que la campagne électorale bât son plein, les prises de position et les promesses se multiplient. Il appartient à notre association et au Collectif Patrimoine Lozérien de faire en sorte que les élus s’attachent à faire respecter leurs positions et promesses électorales et à les inciter à une gouvernance qui tient compte de l’intérêt général du territoire et de ses habitants à long terme et qui est conforme aux décisions collégiales prises sous leur responsabilité. Sur ce plan-là, il y a encore beaucoup de travail à faire et notamment à la tête du Conseil Départemental de Lozère!

Voyez par exemple l’attitude de Jean-Paul Pourquier, président du Conseil général de Lozère depuis une certaine délibération de ce même conseil sur le projet de Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Energie en date du 21/12/2012 (à télécharger ici), et dont voici un extrait:
Le Conseil général, après en avoir délibéré…
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sainte-lucie

Manifestation du Collectif Patrimoine Lozérien contre l’éolien industriel en Lozère à l’occasion d’une réunion du Conseil général à Sainte-Lucie le 21/07/2014 – Sous le « O » de EOLIENNES, le président Pourquier – Crédit Photo © Les Robins des Bois de la Margeride

Sauf que le président Pourquier, censé exécuter les délibérations du conseil, n’a jamais rien fait pour empêcher les projets éoliens de se multiplier sur le département au cours des mois qui ont suivi cette délibération. A l’égard de ceux qui considèrent le soutien politique au développement de l’éolien industriel en Lozère comme une erreur stratégique gravissime, il s’est emmuré dans le silence et l’évitement, une attitude plutôt irresponsable compte tenu des enjeux et de sa fonction.

C’est dans ce contexte qu’Alain Debord, maire honoraire de Fournels et vice-président de notre association, a écrit une première fois à J.P. Pourquier pour lui demander de réaffirmer la position du Conseil général en délibérant solennellement contre l’éolien industriel en Lozère (voir cette lettre du 16/09/2014).

carte lozère éoliennes 3  09-fev.2012

Carte des projets éoliens en Lozère (cliquez pour agrandir) – Bien que datant de 2012, cette carte est toujours d’actualité car le président du Conseil général n’a rien fait pour faire appliquer l’avis pris à la majorité contre le développement de l’éolien en Lozère – Crédit image © Les Robins des Bois de la Margeride

Aucune réponse à ce jour. Face à tant de mépris, A. Debord a pris à nouveau la plume le 25/02/2015 et conclut ainsi son deuxième courrier: « Nous n’avons pas la naïveté de croire que vous allez prendre, à quelques semaines des élections territoriales, les responsabilités que vous avez été incapables d’exercer, sur ce point crucial pour l’avenir de la Lozère, pendant la durée de votre mandat actuel. Nous tenons cependant à vous dire que nous sommes nombreux, parmi les lozériens, à espérer que les citoyens-électeurs du département ne vous renouvelleront pas la confiance qu’ils avaient placée en vous, et que vous n’avez pas honorée. »

Voici le courrier du 25/02/2015 d’Alain Debord à Jean-Paul Pourquier dans son intégralité.


Monsieur le Président

Le courrier que je vous ai adressé le 16 septembre 2014 au sujet de votre position sur l’éolien industriel en Lozère est resté sans réponse, pas même un accusé de réception.

C’est en effet sans importance que vous ne donniez pas suite aux questions légitimes d’un simple maire honoraire de votre département, mais je puis vous dire, en tant que vice-président d’une association de Haute-Lozère active dans le domaine de la protection de l’environnement, donc des paysages, que j’exprime une opinion partagée par de nombreux habitants et élus, et que votre mutisme s’apparente à du mépris envers des citoyens que vous êtes censé représenter.

Votre attitude envers nous est d’autant plus injuste qu’elle contraste fortement avec la mansuétude dont vous faites preuve envers les promoteurs de l’éolien, dont vous soutenez pratiquement tous les projets, ainsi que vous l’avez fait récemment par un avis favorable donné pour le site du projet « des Taillades » (*), lors de la dernière réunion de la Commission des sites. Sans compter tous les avis bienveillants octroyés par vos services chaque fois qu’ils sont consultés dans les domaines de leur compétence.

Pour tout vous dire, nous ressentons l’impression d’être traités comme les « indigènes » de la République tels qu’ils sont identifiés par un article de Médiapart ci-joint que nous vous engageons à lire (Annexe 1).

Que les promoteurs de l’éolien, et les pouvoirs publics qui leur accordent des privilèges exorbitants comme vous le savez, nous considèrent de cette façon, voilà qui ne nous surprend pas, mais de votre part c’est très décevant, alors même que ce sont ces « indigènes » qui vous ont donné mandat, lors des élections, de les représenter.

Pourtant ce que nous vous avons demandé est légitime, simple et sans ambiguïté.
Votre assemblée s’est prononcée en décembre 2012 contre l’éolien industriel en Lozère et la motivation est sans appel. Nous vous demandions d’appliquer cette décision à tous les projets, bien qu’elle ait été prise dans le cadre de la consultation de la Région pour le schéma régional éolien, car vous ne pouvez pas perpétuer indéfiniment l’incohérence de votre position, défavorable vis à vis de la Région, et très conciliante pour les projets départementaux, comme si la Lozère n’en faisait pas partie.

D’autant plus que  depuis 2012 les projets se multiplient, de plus en plus contestés par les citoyens et certains élus. Vous n’ignorez pas que plusieurs communes du canton de Fournels ont interdit l’éolien sur leur territoire depuis 2012, et que la Communauté des Hautes-Terres a émis  fin 2014 un avis très défavorable  à l’éolien industriel sur l’Aubrac lozérien, comme l’ont fait depuis longtemps les Communautés des départements limitrophes, Cantal et Aveyron.

Que ou qui craignez-vous donc ? :

– le Gouvernement, qui s’est engagé par des lois dont les objectifs irréalistes et ruineux pour la Nation sont de plus en plus rejetés non seulement par l’opinion publique, mais aussi par les tribunaux au travers des nombreux recours exercés contre les schémas régionaux, dont deux d’entre eux viennent d’être sanctionnés par les tribunaux administratifs des Régions Île de France et Aquitaine ?
Nos associations  lozériennes et de nombreux citoyens ont aussi déposé un recours contre le volet lozérien du schéma éolien de la Région Languedoc-Roussillon, qui rejoint l’avis défavorable que votre Assemblée avait été émis, et qui pourrait bien aboutir tellement les irrégularités préfectorales sont nombreuses.
Certains élus nationaux, membres de la majorité présidentielle, comme c’est le cas du Sénateur J. Germain, lancent un avertissement solennel au Gouvernement au sujet des méfaits du développement irréfléchi de l’éolien industriel dans notre pays. Ce n’est pas un avis isolé, mais surtout le résultat du travail remarquable de la Commission des finances du Sénat dont il est vice-président. Il est de votre devoir de prendre connaissance de cet avis particulièrement documenté et réaliste sur les dérives gouvernementales en matière de développement de l’énergie d’origine éolienne (Annexe 2).

– les préfets de la région et du département, qui ne sont que les exécuteurs zélés de la politique gouvernementale, axée sur des objectifs chiffrés, au mépris du respect du développement durable et de la protection de la nature et de l’environnement, et dont certaines directives sont reconnues illégales par plusieurs juridictions administratives ?

Votre attitude est donc celle du renoncement et de la fatalité. Ce n’est pas la nôtre, et nous regrettons que vous n’ayez jamais daigné répondre à nos arguments.

Nous n’avons pas la naïveté de croire que vous allez prendre, à quelques semaines des élections territoriales, les responsabilités que vous avez été incapables d’exercer, sur ce point crucial pour l’avenir de la Lozère, pendant la durée de votre mandat actuel. Nous tenons cependant à vous dire que nous sommes nombreux, parmi les lozériens, à espérer que les citoyens-électeurs du département ne vous renouvelleront pas la confiance qu’ils avaient placée en vous, et que vous n’avez pas honorée.

Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de notre très grande déception.

Fournels, le 25 février 2015
Alain DEBORD
Maire honoraire de FOURNELS

(*) Dans le courrier envoyé à Jean-Paul Pourquier, il a été écrit par erreur « avis favorable donné pour le site du Palais du Roy ». Le courrier ci-dessus rectifie l’erreur: il s’agit en fait du projet « des Taillades » (Chasserades).


Lien vers les annexes citées dans le courrier

Annexe 1- Ecologie: quels droits des indigènes ? (Mediapart)

Annexe 2 – Sommes-nous enfumés par les éoliennes géantes ?


 Signer la pétition « Sauvons la Lozère » (si vous ne l’avez pas déjà fait)

A propos Association pour la Protection des Bassins du Bès et de la Truyère

Protéger et valoriser les espaces naturels, la biodiversité, les paysages historiques, et le patrimoine bâti des bassins versants du Bès et de la Truyère, plus particulièrement de l'Aubrac et de la Margeride, tel est notre principal objectif. Pour cela, nous luttons activement contre la marchandisation de ces massifs.
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3 commentaires pour Départementales 2015 : pourquoi nous souhaitons que Jean-Paul Pourquier perde la présidence du Conseil Général de Lozère

  1. Catherine McLean, président, association des Riverains du Bès dit :

    Suite à la réponse du 10 03 2015 de M. Pourquier (président du Conseil général de Lozère) à l’interpellation réitérée de M. Debord (maire honoraire de Fournels), l’association des Riverains du Bès pose les questions suivantes:
    – pour quelle raison le président a-t-il convoqué son Conseil si cette assemblée est dépourvue de capacité décisionnelle?
    – que vaut le titre de délibération appliqué aux résultats des travaux d’une assemblée d’élus?
    – dans le cadre des enquêtes publiques, les avis du Conseil général – appliqués aux aspects techniques – deviennent-ils des décisions opposables, prescriptives? (délibérations).
    Par ailleurs, nous tenons à le féliciter d’avoir personnellement fait voter un texte (donc il a quelque pouvoir…) interdisant (donc il a de l’autorité) l’implantation d’aérogénérateur géants sur un secteur classé patrimoine mondial. Dans ce cadre, c’est la moindre des victoires.
    « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre », nous sommes là-aussi d’accord avec le président du Conseil général de Lozère qui se réfugie derrière la plus stricte technicité des modestes compétences, à l’en croire, de son poste.

  2. La réponse du président du département soulève de nombreuses observations.
    Il semble fréquent que le président ne reçoive pas les courriers ; l’association Collectif Terre de Peyre a écrit de nombreuse fois au président par mel et par courrier, elle n’a jamais eu de réponse. Le président va sans doute répondre que là aussi il n’a jamais reçu ces mels et ces courriers.
    Dire que le département n’est pas compétant pour donner un avis sur le schéma éolien, alors qu’il a été consulté officiellement et juridiquement dans une large concertation publique régionale, c’est de l’incompétence ; la délibération contre le schéma éolien n’est effectivement pas prescriptive, mais elle a une grande valeur sur le fond, car votée démocratiquement dans un contexte légal et à une large majorité, et clairement argumentée.
    La concertation officielle dans le cadre de l’instruction des permis de construire éolien permet au département d’apporter tout élément factuel et de fond sur le ou les projets ; la délibération contre le schéma éolien est un élément important d’éclairage sur le fond de la politique d’aménagement du territoire et de préservation du patrimoine naturel et paysager ; elle doit être rapportée dans l’avis du département sur les permis de construire.
    La concertation dans le cadre des enquêtes publiques questionne le département sur les sujets qui le concerne ; il n’y a pas que les routes et bien d’autres domaines. La délibération du département contre l’éolien industriel, n’est pas une question d’opportunité, mais bien un enjeu stratégique de gestion du territoire, et qui n’est plus un sujet de débat, mais un choix argumenté et démocratiquement validé. Cette délibération institutionnelle a bien plus de valeur que les positions des particuliers qui s’expriment à l’enquête. Vouloir l’exclure du champ de la concertation des enquêtes publiques est un détournement de la démocratie.
    Toutes ces fausses argumentations du président lui ont été contredites lors d’une rencontre avec les associations du Collectif Patrimoine Lozérien, lors de sa venue cet été sur le site de Sainte Lucie ; chercher le sourd !!!!!
    Sur l’UNESCO le président dit avoir fait voté un texte interdisant l’éolien sur le périmètre, et là il aurait un pouvoir prescriptif, à croire que passé ce périmètre il n’a plus de pouvoir ; comme c’est bizarre, d’autant plus qu’il n’y a pas besoin de ce vote de l’Entente Départementale, car l’Etat avait déjà pris un engagement international d’exclusion, dans son rapport de présentation à l’UNESCO. A noter que l’Entente est une association qui n’a pas de pouvoir de gestion du territoire, ce qui n’est pas le cas du département ; chercher l’erreur !!!!!
    Quand au vote à la commission des sites (CDS) sur le projet desTaillades, il n’est pas nécessaire d’être un fin analyste politique, au vu des positions du président, et des positions affichées à la sortie de la CDS pour déduire quel a été le vote du président.
    Pour conclure aller lire La Lozère Nouvelle page 15, l’article « La Lozère récompensée pour son engagement » dans son programme d’action « Territoires à énergie positive pour la croissance verte » concernant la mise en place d’un label « réserve de ciel étoilé » (action 3). Le département finance des actions sur les Cévennes contre la pollution lumineuse, et à coté il donne un avis favorable au très mauvais projet éolien des Taillades entrainant l’installation d’une énorme guirlande lumineuse rouge la nuit sur les crêtes des Cévennes et le Chemin de Stevenson.
    Tout ça c’est très lumineux.
    L’association Collectif Terre de Peyre

  3. POURQUIER dit :

    Monsieur,

    Si j’ai bien reçu votre courrier du 25 février 2015, je n’ai pas eu connaissance du précédent. Je pouvais donc difficilement vous répondre.

    Comme je vous l’ai déjà expliqué, l’avis que nous avons donné, au Conseil général, sur l’éolien dans le cadre du Schéma Régional de l’Air, du Climat et de l’Énergie n’est ni opposable, ni prescriptif. Il s’agit d’un avis sous forme de délibération qui n’a aucune portée sur le fonds puisque nous ne sommes pas compétent.

    La délivrance des permis de construire relève de la compétence exclusive du Préfet, après avoir saisi les organismes ou administrations compétentes.

    Le Conseil général est appelé à émettre des avis dans le cadre des enquêtes publiques pour des projets éoliens mais uniquement sur des aspects techniques concernant la voirie pour autoriser le passage de véhicules ou des réseaux et non sur l’opportunité d’implanter des infrastructures. Ces avis sont donnés de façon cohérente, selon des critères objectifs concernant nos voies et réseaux, qu’il s’agisse d’éolien ou autre.

    Tout cela, je vous l’ai déjà précisé, mais il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

    Par ailleurs, je tiens à vous rappeler qu’en tant que Président de l’Entente Interdépartementale des Causses et des Cévennes, j’ai fait voter un texte interdisant l’implantation de structures éoliennes sur l’ensemble du secteur classé UNESCO. Aussi, votre attaque est donc complètement injustifiée.

    Quant au projet des Taillades, le vote ayant eu lieu à bulletin secret, vous ne pouvez affirmer que mon vote a été favorable. Vous me faites un procès d’intention dépourvu de tout fondement et votre volonté de me nuire me paraît étonnante de votre part.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

    Jean-Paul POURQUIER

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